les deux bouchons - 4 - gourguillon

Publié le par Fab le lyonnais

     - Le patron constitue le plus gros obstacle à l’oisiveté au bureau.

     Scott Adams

   

     Les deux bouchons – Gourguillon

   

         - Désolé ! que lui répond le Toine, j’ai point arnouché le couvercle du trou des écommuns, mais pour sûr que j’y demanderai à la Génie à son retour. Et comme il était pressé de finir sa pièce, il ramenait tout doucement Tomate vers la porte du palier en lui donnant d’espoir.

     - Te fais pas des embièrnes, te vas la retrouver ta bonde, y faut bien qu’elle soye à quelque part ; si que ça se trouve, c’est les gones que l’ont mouchée pour s’en faire une roue de carriole… ou la mère Crépin, qui se fournit de batterie de cuisine à la foire d’empoigne*, à se qu’on disait. Justement, le jour d’avant elle avait bieurlé sur son paillasson qu’elle venait de casser en mille briques le couvercle de son pot-au-feu. Grimpes-z-y donc au quatrième et avises dans la souillarde* aux Crépins, si dès fois que ton couvercle, il serait pas sur leur marmite.

 

     Le péju allait s’en retourner bien contrarié et ils étaient tous deux sur le paillasson au pied de l’escayer quand ils entendent la Génie qui grimpe les marches quatre à quatre en criant comme si il y avait le feu :

     - Baraquette, Baraquette ! Je l’ai trouvé !!...

     - Ah bon ! Que fait Tomate heureux comme un roi, il est trouvé !

 

     Il se précipite, et quand la Génie s’amène, il vous la prend à bras le corps et lui fait péter la miaille en première, en la remerciant bien.

     Elle, toute tourneboulée, d’autant qu’elle pouvait pas le souffrir te vous lui envoie un revire-marion, une mornifle conditionnée, une giroflée à cinq feuilles à te foutre la gaugne pour un bon moment en l’appelant :

     - Vieux fenaret*, vilain matou et grand dévargondé* ! Qu’est ce que c’est-y que ces manières de venir léchouiller la frite d’une honnête fenotte. Et pis d’abord, retournes à ta loge et ton ateyer que j’ai à causer au Toine.

Si des fois que tu reviendrais sur mes carrons (carrelage), je te sauterais aux yeux.

     Tomate ne demande pas son reste et il redescend vite pour pas être grafigné par cette charippe de Génie.

     gourguillonIl avait pas plus tôt tourné les degrés que la Génie, comme folle saute au cou de son mari ? Ah ! qu’il avait donc bien fait de l’envoyer cher la mère Chavasse, en Beauregard ! C’était justement en y allant qu’elle l’avait trouvé.

     Baraquette, qui n’en revenait pas de la voir si chate à présent, essayait de s’en dépêtrer :

     - Ah oui ! qu’il disait, c’est dans le Gourguillon* que tu l’as ramassé ton couvercle ?

     - Un couvercle ?... Qu’est ce que tu raconte, mon chéri ? C’est pas un couvercle que je rapporte, c’est…

 Marche-Forain-sur-les-Quais-LYON

foire d’empoigne : sur les marchés aux pattes, c'est-à-dire les marchés forains, y avait toujours des camelots qui bradaient de la vaisselle et alors, ça faisait un drôle de sicottis quand les fenottes se bataillaient pour récupérer de la vaisselle à bas prix.
Finalement la foire d’empoigne de nos jours, ça s’appelle les soldes. 

   souillarde : dans les autrefois, il y avait un recoin de la cuisine fermé par un rideau oussequ’il y avait la pierre d’évier et le broc d’eau en fer blanc pour faire la vaisselle. On plaçait ensuite par en dessous les gamelles, les poêles et les marmites. 

   péju : savetier en franco-provençal et donc cordonnier, regrolleur, le métier du Toine et de Gnafron. 
 

   fenaret : le lyonnais partage avec nos amis les gagas (les ceusses qui sont de St Etienne) quelques mots et expressions comme fenaret ; le fenaret, c’est un homme efféminé, maniéré aux mœurs incertaines comme le dit Pierre Perret.

   dévargondé : dans la langue de guignol, on trouve aussi des déformations phonétiques lié à un maniement maladroit du français, mais surtout à la prononciation souvent « machouyeuse » des mots.

   Gourguillon : rue aussi célèbre que la montée de la Grande Côte qui va de St Jean aux arènes du Grand Théâtre Romain de Fourvière.

   

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Frambel 22/02/2010 07:36



re:
Je viens juste de relire un peu ici pour me souvenir ! ! !
et je m'aperçois de l'heure, 7h35:
plus le temps j'ai un rendez-vous à 8h30:
pas grave je reviens dès mon retour,attends un peu pour le café: hihhihihi
je note...n°4:




zouzounette40 06/02/2010 20:55



Tu fais bien de donner quelques explications....car je ne comprends pas toujours tout...mais j'arrive à suivre quand même....lol !!! si j'ai un souci ..je t'en cause deux mots ....je sais
que tu m'expliqueras...



ginie 02/02/2010 22:50


Bonsoir mon pipa tel père telle fille ahah oui bon enfin presque t'as plus d'articles que moi . Bon d'abord moi je sais pourquoi il est pas là c'est qu'il aide ma sisoeur moyenne dans son
déménagement et renménagement et au ménage de son ex appart bref y joue au M. Propre de la lessive sauf que lui il a tout ses cheveux !!! ouille ouille ouille j'sais pas comment y va le prendre la
remarque du monsieur à la bouteille jaune. Allez je file à plus à toute (ou presque) la bande de frapapdingues............flap flap flap


sandisa 01/02/2010 13:09


J'aime bien que tu précises le sens des mots en patois ... j'en apprends des mots ici !!! et j'adore !


Sucramus 01/02/2010 10:32



Chiotum, je me suis laissé influencer par la couleur du ciel de ce matin et ici, c'est pas top!!!