le poète et l'arlequin - suite 4

Publié le par Fab le lyonnais

La bonne humeur est aussi contagieuse que la rougeole ! 

Baden Powels

 

Le poète et l’arlequin – bambane - 4

    

     Requinqués, nous nous pointons place Bellevue, petite esplanade qui offre une vue panoramique de l’est Lyonnais et du parc de la Tête d’or dont on aperçoit, dépassant des arbres le magnifique portail de l’entrée principale ; c’est à cet endroit, qu’une plaisante perspective digne de l’esprit yonnais donne au lac la forme d’un cœur.

 

    chanteuse  Je ne poursuis pas par le circuit classique car je tourne rue des Grognards, pour conduire Jean à la petite place Colbert où avec Pipa et Miman, mon frère et mes sœurs, j’allais  petiot au bal du 14 juillet. Pipa choisissait ce bal à cause que vers les minuits, la tradition était de savourer sur les tréteaux et bancs de bois installés pour l’occase, un succulent pot au feu. C’était la grande époque des bals musettes.  Ah oui ! Ce n’était pas le disco et la sono avec des gens de tous les sexes qui gesticulent comme s’ils étaient dans un tonneau pour y fouler le vin. disque d or du bal populaireOn pouvait y voir évoluer des couples faisant du frotti frotta au son de l’accordéon, avec la voix rauque de la minette mâchurée comme une poutrône, habillée en juste-au-corps et collant léopard et qui goualait les succès de l’André Verchuren,  Marcel Azzola, Maurice Larcange ou Yvette Horner.       

    

     Sur cette place, nous areluquons en enfilade le centre ville, avec le Crayon de la Part-Dieu et la nouvelle tour Oxygène. Puis nous nous dirigeons vers le numéro 9 de la place Colbert, pour visiter une des traboules les plus réputées, « la Cour des Voraces » avec son escalier monumental qui desservait les ateliers des canuts.

    croixrousse pentes39 Les Voraces étaient un cuchon de bons gones, environ trois cent qui en 1848, s’étaient « révoltés » pacifiquement contre un édit qui avait ramené le pôt de vin de 1,04l à 46 cl. Du 24 février au 18 mars 1948, ils ont occupé, l’Hôtel de ville, la Préfecture et la caserne Saint-Laurent qu’ils restituèrent et tout ça, sans effusion de sang. C’était juste manière de montrer que les Yonnais, y aiment pas qu’on touche à leur lichaison. En fait cette révolution n’a fait que deux victimes, deux soiffards qui avaient tiré des coups de fusils contre la caserne du fort après avoir vidé quelques pôts et qui ont déclenché la riposte des militaires lesquels s’étaient crus attaqués et avaient ripostés. Comme quoi, être buvanvin, c’est parfois néfaste pour la santé.

 

     Je nous conduis vers la montée de la Grande Côte qui relie la place de la Croix Rousse à la place des Terreaux. Cette rue était la plus fréquentée du quartier; c’était le passage des « manifestations » de canuts, avant qu’elle connaisse ses lettres de noblesse grâce à la Mère Cotivet dont les sketches ont été diffusés de 1927 au 17 décembre 1971 sur Radio Lyon. Elie Périgot-Fouquier était son interprète ; il fera d’elle une concierge truculente qui pastiche à la fois les mœurs et les pratiques des politiques et elle deviendra aussi populaire et incontournable que Guignol dans l’imagerie lyonnaise.

CottivetElle commençait toujours son persiflage par la phrase « En descendant montez donc, vous verrez le p’tit comme il est grand ». Elle habitait au 99 « cent moins n’un », c'est-à-dire tout en bas de la Montée et au dernier étage de l’immeuble. D’où l’origine de son patrigot car bien sûr les autres catolles qui venaient lui rendre visite descendait la Montée et montaient les escayers.

     Quand j’étais minot, Tante Paulette, la sœur de Pipa a vécu quelques mois au cent moins n’un et moi, quand je grimpais les escayers, j’écarquillais mes quinquets à la recherche de la bignole célèbre et ce n’est qu’adolescent que j’ai compris que c’était un personnage imaginaire. N’empêche, je suis toujours fier d’avoir foulé les marches de celle que j’aimais entendre jabiller dans cette langue de par chez nous que je m’efforce de faire vivre.

 

     Nous descendons la montée jusqu’en rue des Tables Claudiennes  et tournons à main droite rejoindre l’Amphithéâtre des Trois Gaules, que nous découvrons d’en haut. C’est ici que furent exécutés au solstice de l’été de l’an 177 les martyrs : Sanctus, Maturus, Attale et Blandine. Cette dernière était restée vivante malgré ses supplices et a même été ignorée des fauves. Elle fut alors enfermée dans un filet et massacrée par un taureau furieux.amphitroisgaule

     La légende dit que c’est à cause de cette martyr que la corrida fut créée. Car elle est en partie issue d’un mélange du culte de Mithra très répandu en Gaule et qui comportait le sacrifice du taureau et du christianisme moyenâgeux qui entendait offrir sa revanche à la sainte.

     Le poteau que l’on observe dans l’amphithéâtre est par contre de construction moderne ; il a été érigé en mémoire des martyrs chrétiens.

 

     Nous velà rendus en place des Terreaux face à l’Hôtel de ville avec à main droite le Musée des Beaux Arts. Au centre à gauche de la place, la fontaine Bartholdi montre sa splendeur. Elle a une particularité connue d’un cuchon de bons gones, dont je suis bien sûr le rapporteur...

 

     A suivre…

 

Dites donc mes belins belines vous y trouvez pas qu’il y a de quoi oublier ses embièrnes et de s’émerveiller devant les choses de dire, de faire et de voir de l’histoire passée et présente de Lugdunum !

 

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Berthe Beauté 04/02/2011 12:02



Cher Fab le Lyonnais,


Vous m'êtes très sympathique et j'espère que de loin en loin, vos écrits continueront à nous régaler .


Avec ses joies , ses peines, la vie est ce qu'elle est , brève....


Notre loup Ysengrin s'en est allé dans les pays de l'aut' côté, là d'où personne n'est revenu pour se plaindre, ça doit être bien, là -bas.


Demain, avec sa famille, ses parents , ses compagnes, ses enfants, et petits-enfants, ses amis, ses collègues, ses camarades syndiqués, nous lui célèbrerons de belles funérailles , à la hauteur
de son amour de la vie, de la poésie, de la musique, et puis, nous l'accompagnerons au cilmetière du village, à pieds, et nous lirons des morceaux de ses poèmes, en boucle, avec GFred à la
clarinette.....on fait c'qu'on peut, on fait pour le mieux, arrive ce qui arrive,


vous ne vous attendiez-pas à ça, hein ? nous a-t-il écrit sur un p'tit papier, la camarde déjà lui avait bouclé le bec, et il est allé fini d'endormir ses peines dans la bras de sister morphine.


Ainsi soit-il !!!



zouzounette40 02/02/2011 20:52



Le 20éme commentaire ne sera pas des plus gais...


je viens te dire parce que tu l'a aussi cotoyé ...


que nous avons perdu un  ami commun...


le poète et conteur...YSENGRIN............


il a fini de souffrir...il est parti serein...


...et a rejoint la paix éternelle...


je suis bien triste à cette nouvelle ...


Bien reçu ton mail pas eu le temps de te répondre....


je vais le faire sans tarder.......


gros bisous Fab



ginie 16/01/2011 19:25



Bonsoir mon pipa je viens pas te souhaiter une bonne année c'est fait depuis belle lurette juste te faire une t'tite visite. Je vois que t'es aussi causant que moi en ce moment. Mais peut-être
que nos amis te retrouverons bientôt puisque mamie est à présent en sécurité et que tu vas pouvoir une fois toute la paperasse finie revenir un peu par ici. De la part de mon pipa quoi que je
doute qu'il ne l'ai pas fait lui même, mais au cas où la paperasse l'aurai empêcher je vous souhaite à tous de sa part et de la mienne une trsè bonne année 2011. BISOUS BONNE SEMAINE FLAP FLAP
FLAP............ 



JEANSANTERRE 08/01/2011 16:48



BELLE ET HEUREUSE ANNEE 2011 !!!  Je te souhaite la réussite de tes projets , qu'ils puissent faire reconnaître tes efforts pour le rayonnement et la (re)connaissance du savoureux parler
lyonnais et de son patrimoine écrit. A bientôt FAB, bisou à Ginie. Jeansanterre.



zouzounette40 02/01/2011 21:25






 


un gros bisou pour toi et pour toute ta petite famille


Reçois mes Meilleurs Voeux pour 2011