La galante invention de la papillote - 1 - Pétrus

Publié le par Fab le lyonnais

     Faites excuses pour mon absence de ces derniers moments, mais entre la vilaine maladie de l’Al zheimer (qui est plus pire que l’Al Capone) et qui touche Maman et mon rôle plus plaisant de grand père nounou occasionnel, je ne suis reviendus que ce jour.
     Vu que c'est bientôt le jour de l'an, je fais une petite pause pour vous conter la véritable histoire de l’origine des papillotes qu’on offrait pour le nouvel an.

     Asseyez-vous confortablement et ouvrez bien grands vos quinquets…

 

La galante invention de la papillote – épisode 1er

 

     Dans ma jeunesse, avec le jour de l’An et les étrennes, revenaient les papillotes, mais les vraies, les papillotes de chez nous. Nos belles papillotes des pâtissiers lyonnais ! Elles ont disparues, elles aussi comme tant d’autres bonnes choses pour n’être plus qu’une fabrication industrielle. C’est encore la faute du progrès, bien sur ! Que le diable l’emporte donc ce progrès de malheur !

 

     Nos papillotes ! C’étaient des chocolats à la crème recouverts entièrement de milliers de toutes petites boules de sucre, ou bien des coussins, des caramels en forme de coussins. Mais chocolat ou caramel, chaque bonbon était enfermé dans un carré de papier très mince sur lequel on pouvait lire un de nos bons proverbes lyonnais, de ces proverbes qui concentrent toute  la science de la vie, et vous enseignent tout ce qui est de faire, en même temps que comment et quand on doit le faire. Le bonbon et le proverbe, étaient enfermés dans une feuille de papier bien blanc et bien glacé, découpé en franges aux deux bouts, pour ne point laisser échapper, ni la gourmandise, ni la sagesse.

     Ces bonnes papillotes de mon beau temps, j’ai voulu savoir qui les avaient inventées. Leur souvenir m’en était si doux et tellement précieux que leur créateur me semblait avoir apporté à nos gones lyonnais beaucoup plus de joie, de plaisir que, par exemple, monsieur le grand savant inventeur de la soie artificielle n’en a, malgré tout, apporté à notre pauvre Fabrique lyonnaise.

     Et c’est en me renseignant auprès d’un vieux canut des Pierres-Plantées que j’ai appris l’histoire suivante que je reproduis telle qu’elle me fut contée.

 

     Ah ! Le bon gone que c’était le Pétrus Thomachot ! Démenet comme un singe, artet que c’est pas de le dire et en même temps gentil comme un enfant de chœur. Son père, qui était rondier en Fabrique, avait voulu qu’il apprenne le métier de pâtissier. C’est qu’il avait du jugement le papa Thomachot ! En ce temps là, c’était les premiers temps du règne de cette charippe de Louis-Philippe (ça me retourne les sangs rien que de prononcer son nom), en ces temps là, notre Fabrique lyonnaise marchait quasiment pas mieux qu’à l’heure d’aujourd’hui. Les trois quarts de ses métiers étaient arrêtes et pour tant qu’au restant, l’autre quart, il ne tapait que pour des taffetas unis et des satins légers, tout pouilleries d’étoffes qui, pour de vrai et de sûr, sont pas rien de faire sur les métiers de notre grande Fabrique.

     Aussi ce brâve rondier de Thomachot, qu’était de bon jugement, comme je vous y ai dit, avait bien compris que son Pétrus de gone serait bien mieux benaise et plus assuré de son lendemain dans un métier qui s’occupe de ça qui se mange que d’entrer chez un de ces pauvres fabricants qui étaient tous à rendre l’âme, les uns après les autres ! Aussi donc, il avait mis le Pétrus apprenti chez le Papillot, pâtissier en rue Mercière et c’est là que tout a commencé !

 boulangerie

     Y faut vous dire mes amis qu’en ce temps là, c’était pas rien la rue Mercière qu’a virée bredine avec des gourgandines à tous les paliers, même que le monde qui y passait, ils font tout pour pas y être vus. Ils n’entrent pas riens dans les magasins, tout à l’incontraire même. De peur d’être reconnus, ils s’enfilent tous par les allées.

     Non la rue Mercière de ce temps, c’était pour de sûr, la plus belle rue de Lyon. Tout au restant de Bellecour et des Terreaux, il n’y avait que des bougraillons de petites rues que vous faisaient regret. Mais dans la grande rue Mercière, c’était là qu’il y avait les plus beaux magasins de la ville. Tout d’abord les libraires et les imprimeurs qui bien sûr c’étaient installés là, rapport que leur ancêtre, le Guillaume Rouville y avait au temps jadis, une belle maison que traversait sur le quai, et que, brâve homme, il l’avait donnée par testament, en 1586, à ces Messieurs de l’Hôtel-Dieu. En plus de ses marchands et fabricants de livres, il y avait aussi de beaux magasins de charcutiers et de pâtissiers. Autrement dit de quoi faire plaisir tant au cervelet qu’à l’estôme.

 

     Le Pétrus, qui marchait sur ses seize ans était donc apprenti chez Papillot qu’avait sa pâtisserie dans la maison même du Guillaume Rouville. Il y avait quasiment trois semaines qu’il avait commencé son ouvrage lorsqu’un jour sur le coup de huit heures du matin, il avait traversé l’allée pour porter des quenelles chez un gros fabricant qu’habitait sur le quai de Saône.

     C’est là qu’il rencontra une jolie petite fenotte…

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Frambel 12/01/2010 13:15


Je reviens lire en fin d'après midi, pour l'heure, il faut que je file à mon rendez-vous de 2 heures, chez le pédicure:
Reviens avec des..........piedsbeaux: hihihihihii


zouzounette40 02/01/2010 20:29


j'ai pris du retard mon petit Fab....alors je rattrape un peu..ma lecture du soir ...ça va me faire du bien...à l'estomac...tes friandises....je continue...ça me semble comme d'habitude
très .............fondant comme histoire...........


lisette334 26/12/2009 20:09


ha le destin... je monte plus haut; voir la fin du bouquin,,,lol


Sucramus 25/12/2009 11:19


Ben, moi j'me d'mande bien pourquoi on l'a pas collé en prison pour l'éternité c't'Alzheimer à foutre le zinzin dans les boyaux de la t^te et à rendre nos ainés
complètement bredins !!!Pis en plus avec un nom pariel faut croire qu'il n'est m^m pas de chez nous, comme si on n'avait que ses tracasseries à importer.Sucrasalut mon Fab, dans tout ça je sais que
ta mam est entre bonnes mains mais ça n'empèche pas la peine. En tous cas t'as une bonne idée de nous faire savourer tes papillotes et nous faire suer les papilles.Ah! dans l'temps y'avait la
qualité de la bonne ouvrage travaillée avec amour. M'enfin aujourd'hui on nous fait croire que c'est du bon, mais c'est bourré de colorants , édulcorants et perlinpinpin qu'on ne sait pas si ça ne
fait pas tomber les dents, vous effacer les neurones ou vous coller un cancer. Ah! il est beau le mercantilisme industriel !!!Bon , j'vais regarder du côté de l'optimisme, et coucougner nos
tchoupis.
T'embrasse tes fillottes et je te souhaite bonne journée.