les deux bouchons - 9 - le prix

Publié le par Fab le lyonnais

       Même avec le meilleur des rétroviseurs, on avance moins vite à reculons.
     La plaisante sagesse lyonnaise

   

     Les deux bouchons – 9 – le prix

   

     Notre Tomate en voyant qu’il n’avançait à rien et qu’elle lui répondait toujours à côté voulut lui faire peur :

     - Ecoutez, madame Baraquette, je vous le dit tout net et sans ambages, puisque vous l’avez trouvé et que vous refusez mordicus de le rendre, quoique n’étant pas à vous et quand même que vous êtes la bourgeoise de mon plus vieil ami, je vais, moi qui vous parle, vous mettre le pousse-cul* après, et tout de suite pour vous appeler au juge de paix. Et nous verrons bien si vous n’êtes pas condamnée à restituer à votre concierge le bouchon des écommuns de la maison ! Mais bon sang de bois, qu’est-ce que vous voulez donc en faire ?

     Entendant ça la Génie comprend tout de suite pourquoi ils ne se comprenaient pas, et elle se met à rire, mais à rire si fort qu’elle était obligée de se tenir le ventre à deux mains pour pas qu’il lui éclape*.

     - Ah ! ah ! ah !... Mon pauvre garçon !… C’est donc… le bouchon des écommuns que vous réclamiez ! Ah ! ah ! ah !... Non ! je m’en ferai mourir !... Ah ! ah ! ah !... C’est trop drôle !... Mais ce que j’ai trouvé moi, c’est pas votre bouchon, c’est le diamant du pape Clément !..., le beau gros diamant qu’il avait perdu en descendant des Farges par le Gourguillon… Un bouchon de carafe, si vous voulez !

     Mon tomate avait fini par comprendre lui aussi, mais il ne rifougnait pas, bien au contraire. Il restait là tout couenne à répéter :

     - C’était un diamant ! un bouchon de carafe ! C’est pas à moi pour sûr vusse que j’en ai jamais eu de carafe ! On a confondu, madame Baraquette…Mande bien pardon, vous savez ; faites excuse. C’est un mésentendu*. Quand vous avez bieurlé dans la montée de la descente du Gourguillon : « je l’ai trouvé ! » j’ai cru que c’était le mien de bouchon. Ça m’a fait venir l’eau à la bouche, pour une fois… Alors je vous ai coqué pour la peine et j’ai pris un revire-marion* que j’en ai encore la joue toute enfle ! Et le voilà reperdu ; vrai de vrai, je n’ai pas de chance !

     Notre pauvre concierge débaroule les escayers bien tourmenté en se promettant que si il doit le payer le bouchon en sapin, il le clouera sur le siège avec des pointes d’un pouce tout le tour de la bonde. Comme ça au moins, les locataires lorsqu’ils viendront aux écommuns pourront plus le lui emporter.

 

     La Génie se tordait encore de rire quand le Toine rentre, sans faire un pas plus vite que les autres, avec sa figure de tous les jours et se tenant toujours la main sur sa poche de culotte. Elle lui va au devant en courant car elle était tout de même dans l’huile bouillante et elle l’agriche par un bouton de sa vareuse :

     - Et bien qu’est-ce qu’il t’a dit le père Trébuchet ? Combien qu’il t’en donnerait ?... Non ! attatends ! dis-y-moi rien que je devine : 500 000 ?

     - Non ! que fait le Toine

     - Ah ! plus, je le savais bien.

     - Non ! pas tout à fait tant.

     - Alors c’est qu’il n’y connaît rien ! 400 000 ?

     - Non, que fait le Toine (rien qu’en secouant la tête).

     - 300 000 ?

     Il fait encore signe que non.

     - Combien Alors ! mais parle donc pisse-trois-goutte.

     - Quatre sous ! que lâche tranquillement Baraquette parce que c’est nous et que c’est chez lui qu’on a acheté nos alliances.

 

 placegreve  


pousse-cul
 
: argousin, agent subalterne qui conduit les prévenus en prison : « On les conduisit à la bastille, il n’y avait plus que des archers, des pousse-culs et des mouchards sur la place de Grève ».

 

 

  
éclape :
les éclapes sont des éclats de bois, éclaper, c’est exploser ; « Méfies-toi-y de pas rire à t’en faire éclaper la bredouille ».

 

    mésentendu : malentendu bien sûr. 

 gifle

   

revire-marion :
gifle violente : « La Glaudine s’est faite pitrogner le prussien par un couratier dans le tramevet. Elle te lui a filé un revire-marion pas piqué des hannetons. Il s’en est abousé tout couenne.


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zouzounette40 24/02/2010 20:03


je crois bien qu'elle a fabulé un peu trop sur le diamant....


ysengrin45 23/02/2010 17:12


Salut fab. Et ben, c'est la déceptions pour nos héros....


Sandisa 23/02/2010 16:45


Tu as tout compris ami et  ton com me fait chaud au coeur ...


cheyenne 23/02/2010 15:46



Bonjhour Fab !  je ne suis pas   beucoup passée sur  les blogs depuyis mon retour de Grenoble -  boulot sur les chats , puis une
bardée  d'invités, et  là ils viennnet  juste de repartir, je vais  souffler un peu en attendant les  arrivages du  vendredi  - J'ai été  trés
heureuse  de faire ta connaissance et j'espère que  tu  pousseras jusqu'à  chez nous aux beaux jours, ce  serait  sympa -  en attendant je vais  lire les
pages précédentes, j'ai du retard à rattraper ! grosses bises, not' conteur !



Frambel 23/02/2010 13:59



Simplement j'avais envie de te dire bonjour: ( rire )
Bonne journée à toi Fab: