les deux bouchons - 1er épisode

Publié le par Fab le lyonnais

     - J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé.

     Voltaire

 

     Mes mamis, je m’en vais vous conter une histoire qui n’est que la vérité vraie vusse qu’elle me fut racontée par Thomas Bazu (notre aimable vice-président (de son vrai nom Eugène Vial) de la société des amis de guignol) en l’an de grâce de la république une et indivisible de 1928 qui comme de bien s’accorde est aussi l’an 1971 de la fondation de Lyon par Lucius Munatius Plancus, orateur et général romain, lieutenant de César en gaule, proconsul en Narbonnaise et qui fonda ma bonne ville de Lugdunum en 43 avant J.C.

     Donc si que je me mélange pas les pinceaux, nous sommes bien au jour d’aujourd’hui en 2053. Tout ça pour vous dire que ce que vous allez ligoter c’est une des gandoises des autres fois que mérite d’être portée à la comprenette des pauvres mamis que ne sont pas d’ici, mais que veulent pas rester des caquenanos.

     Mais j’arrête là mon patrigot pour pas que ce soit trop de long et que vous me quinchiez dans les oreilles.

 

 

     Les deux bouchons – 1er épisode

   

     Il y a tout juste douze ans de ça au jour que commence l’histoire, que les Baraquettes, après s’être mariés ensemble au Petit-Collège, boeufsont venus crécher en rue du Bœuf, bien à l’angle de Tire-Cul, du côté de bise. Lui, le Toine, est taffetatier* de son état ; elle, la Génie, fait le ménage comme de juste et va à la plate*. C’est tout ce qu’il y a de mieux comme brave monde, mais pas riche, bien sûr, rapport aux  mortes* et à la vie chère.

Ils ont beau eu faire, ils n’ont jamais pu se mettre dans leurs avances.

     Le Toine qui va sur ses quarante huit ans est un homme tranquille, raisonnable comme tout et bien à son travail. C’est rare qu’il se boissonne plus de deux fois la semaine. Il ne manque pas d’ême et il ne craint pas de couyonner* le monde, mais toujours gentiment, sans avoir l’air d’y toucher.

     La Génie, elle, n’est pas commode tous les jours, s’est sûr ; elle gongonne bien un peu tout le temps… Elle fait sa pisse-vinaigre, comme on dit. Mais pas mauvaise quand même. Par exemple, elle parle sans décesser, comme toutes celles qui vont à la plate, en bord de Saône, laver le linge ; ça marche avec le métier. Et puis elle est bien portée sur la toilette, ayant envie de ci, ayant envie de ça qu’elle a vu à une autre, et qu’elle voudrait tout de suite. Mais pour ce qui regarde les affutiaux, les fenottes sont toutes pareilles, et si elle en est une, elle n’en est pas l’autre, n’est-ce pas ?

     Enfin le bon ménage qu’ils font tous les deux, bien que dans le fond, ils se disputent toute la sainte journée, et ça crie, à leur cintième, comme s’ils avaient eu des tapées de gones au lieu de n’en point avoir eu.

 

     Le jour que commence cette histoire, c’est le matin du douze juillet de cette année 1927, et la veille de la Saint-Eugène (évêque de Carthage en 481), qui est son patron à elle vusse que son prénom sur les registres de la paroisse, c’est Eugénie. Inutile de vérifier sur votre calendrier des Pétété car il y a un cuchon de prénoms pour le treize juillet (Henri, Joël, Enzo, Eugène, Clélia, Harry, Mildred) et vous trouverez que les deux premiers. Mêmement il y a pas la Saint Anaclet que figure sur le véritable calendrier lyonnais oussequ’on ne trouve que des saints qui sont de chez nous ou que méritent d’en être comme le pape Anaclet, Athénien d’origine, troisième pape en 83 sous l’empire de Domitien, mort en martyr en 91.

 

    Ce jour là,…

 

* Taffetatier : canut qui fabrique les pièces de taffetas en soie

  Plate : Bateau lavoirbateau lavoir, invention du lyonnais Besson ousseque les commères allaient laver leur linge, mêmement qu’elles en profitaient pour habiller tout un chacun de leurs langues de vipères.
Il en reste une trace du coté du quartier de Saint Georges en bord de Saône

 

   Mortes : contraction de morte-saison utilisé par les canuts quand l’ouvrage venait à manquer… et les allocations de chômage n’existaient pas. 

   Couyonner : ne pas confondre avec couillonner ; en lyonnais, cela signifie simplement faire des niches, se moquer, plaisanter.

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Frambel 19/01/2010 11:29


Bonjour Fab:

Bin je venais lire la suite, pas grave je repasserais, je te laisse des petits bisous devant ta porte:Bonne journée à toi


marlene95 18/01/2010 10:45


j attend  la suite   c'est très sympa  ces lavandières  au filet acéré .. bisou  a ++


zouzounette40 16/01/2010 21:47






 


Chouette une nouvelle histoire..........!!! tu es là mon FAB.....super...


Je suis contente de te revoir....

j'étais absente toute la journée....suis partie en ville...
faire les soldes. que de monde en ville !! j'ai perdu l'habitude des embouteillages !!!

gros bisous et bonne soirée....la suite ....va être .....hummmm
que du bonheur de te lire....
GROS BISOUS


 



christopheCTL 16/01/2010 17:52


j'attend la suite avec impatience


Couramiaude 16/01/2010 17:24


Pour le bonheur de tous, notre Fabuleux Fabuliste est enfin de retour . Petit clin d'oeil de la couramiaude
d'adoption. Grosses bises, à très vite.