l'ermite du mont cindre - 3 - le prétendant

Publié le par Fab le lyonnais

Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos,

la fatigue sera vaincue.

Alphonse Allais

 

L’ermite du Mont-Cindre – 3 – le prétendant

 

     A la fin des fins, l’abbé reçut une lettre d’un de ses collègues d’Auvergne, qui lui annonçait l’arrivée d’un prétendant ermite, tout ce qu’il y avait de mieux dans le genre, et  qu’il en aurait que des satisfactions, enfin une perle, ni plus ni moins. Vous pensez si notre curé en poussa un soupir de contentement d’être arrivé au bout de ce sicotti* et d’avoir enfin l’homme qu’il lui fallait.

     Trois jours après, on était en hiver et y tombait une singotte* toute tramée de mauvaise neige, que velà t’y pas, sur le coup de sept heures tapante à la dégoulinante* de la bastoche, comme il allait entamer sa soupe mitonnée*,  que mesieur le Curé entend sigroller sa sonnette.

Esquisse pour Le mendiantLa Virginie, sa bonne, va voir qui c’est ; et elle en revient toute dessansipotée*, en disant que c’est un grand marque mal, tout marpailleux*, et tout trempe, qui demandait mesieur le Curé en personne. Celui-ci va recevoir le paroissien, qu’était resté pique-plante sur la cadette de la porte ; il ne pensait plus à son ermite, vu l’heure et le temps qu’il faisait ; et croyant que c’était un affligé, y cherchait déjà dans son porte-liard, en lui disant tout à la douce :

     - Entrez donc mon pauvre vieux, qu’est-ce que vous voulez, que je puisse faire pour vous ?

     L’autre sans lever le nez, ouvre sa vagnotte*, comme s’il voulait attraper une puce qui le chatouillait, et il sort une lettre toute en papier, qu’il présente du bout de ses doigts.

     Le curé la prend, la lit, la relit ; il apinche son gone à deux ou trois fois comme quéqu’un qui n’en revient pas.

     - Pas possible, c’est vous l’ermite ? C’est vous qui venez de Saint Matagrin ?

     - Oui que fait l’homme, toujours sans bouger, et agrobé* à la cadette comme à la pierre qu’arrape. Mais son oui, c’était pas un oui, mais plutôt un ouon, parlant par respect comme un cayon qui rafoule*.

     Et mesieur le curé en était tout couâme* si tellement qu’y s’attendait peu à une figure de ce modèle.

     Entrez, entrez ! qu’il lui fait au bout d’un petit moment, vous êtes tout dégoulinant de  partout !

     - Ouon !

     Il le fait entrer ; il le fait asseoir, il lui sert une assiette de soupe. La Virginie areluquait l’homme de loin ; elle brillait pas et elle était pas bien tranquille.

     - Alors comme ça, que dit l’abbé, vous voulez bien vous faire ermite du Mont-Cindre ?

 

 

*

     sicotti : agitation bruyante, charivari,  raffut : les minots de la cour de récré, y font tant de sicottis que j’en ai chopé mal au coqueluchon.

 

    singotte : radée, s’utilise surtout pour une forte averse et donc ici, il s’agit bien d’une averse de neige fondue qui en plus est tramée et forme comme un rideau de pluie.

 

     dégoulinante : C’est la pendule, l’horloge, généralement d’un bâtiment public, l’expression « dégoulinante de la bastoche » pour pendule du salon, vient de l’horloge monumentale de la Bastille miraculeusement sauvée après le 14 juillet 1789 et que l’Etat a achetée en 1989 aux enchères à Drouot à un restaurateur de la place de la Bastille. Le terme dégoulinante vient du bruit de la grande aiguille qui s’égrène comme des gouttes d’eau.

 

     soupe mitonnée : soupe de pain cuit; la meilleure des soupes mitonnées est celle qu’on fait avec le bouillon du pot au feu de midi, mais surtout en laissant, sur le coin du potager (poêle à charbon), le bouillon mijoter longuement avec un pied de cochon. Après avoir liché la soupe, le pied du cayon qu'on avait mis à égoutter,  on le déguste avec une tartine de pain beurrée de la moelle de l’os qui lui aussi a cuit avec le pot au feu. Mes belins belines, je vous y dis que celui qui a gouté à ces délices, il s’est approché du paradis.

 

     marque-mal, marpailleux : mal habillé, mal rasé, un mendiant, un pauvre hère.

    

     dessansipotée : agitée, bouleversée, chamboulée.

 

     vagnotte : terme générique pour désigner une veste ou un veston.

 

     agrobé : qui reste sans bouger, tout coincé, timide.

 

     cayon qui rafoule : un cochon qui grogne.

 

     couâme : interloqué et surtout embarrassé.

 

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Sucramus 15/08/2010 10:52



Haaaaa, me voilou, je radine en retard because  trois jours d'embuscade avec les beauf's et caisse que j'vois zen lisant mes coms?  La Pie a fait laisse ta
fête heu, l'estafette , mais je vois que c'est ta fête, une rentrée Tony Truante (ouais, un mafiosi si cilien)


Purée, l'indienne elle a la pêche hein! j'sais pas si c'est toi qui l'inspire mais elle pourrait te faire con-currence!


C'est pas tout ça , j'ai pas tout lu, alors je file désosser tes zarticles.


Bonne journée bien plus vieuse (on dit aussi plus vieux au masculin)



zouzounette40 11/08/2010 20:57



Elle est géniale cette cheyenne......lol !! ses coms me font toujours rire...


t'en as du beau monde chez toi Fab.....!!!


mdr !!!


bisous et






cheyenne 11/08/2010 19:55



Ben  c'est pas trop tôt !!  on l'a attendue  cette suite qui ne venait pas ! c'est que tu te fais  désirer, mon pote !


Bon, j'ai bien lu les notes en bas  pour faciliterla comprenette - mais  suis pas  d'accord  sur l'une des  explications  de textes :
le potager , c'est genre une pierre à évier, ( quand les éviers  étaient  en  pierre pas en  synthétique machinchose) un endroit  où on mettait les
légumes  à  éplucher et  des trucs de cet acabit - pas  un poèle -  du moins,  c'est  comme  ça qu'on disait dans  ma famille -


faudrait  voir à pas nous introduire par  erreur quand même ...


Bon, puisque tu  n'est pas venu l'autre jour, j'ai but un coup ou deux à ta place avec les Sucrabrimbelle - ça sera de ta faute  si mon foie fait des
siennes, ma foi  - Pourtant je t'avais mis une botte de  paille bien frâiche dans la grange, j'avais prévenu les ptits zoiseaux  de ne pas  piapiater trop tôt le matin, le
chinon vieille vigne  était à la bonne température, et la vendange tardive prète pour les soirées  du même nom - Le Sucrabrimbelle  a même  fait le nettoyage de la piscine,
vu  que le Paul, comme il ne se baigne qu'à passé 30 °, il commence à mollir  sur le nettoyage et dit qu'il n'estpas le piscinier de madame - de la rebellion dans l'air  comme qui
dirait ... - enfin, te  voilà  de retour, on va pavoiser sur les blogs, tirer des feux
d'artifesses , Jean va  en écrire  un poème, vu  que ce  bougre-là, il fait  feu de tout  bois, une idée  qui passe  dans l'air, et  hop, il te ponds
des alexandrins comme si de rien  n'était, moi  comme je sais pas  écrire, je vais danser " alexandra, alexandrie ..; la lalilala " mais  je  sais plus  ce que j'ai
fais  de mes bottes en lamé argent, celles que je mettais en 70 pour danser ça, même que je mettais un pull dix fois trop court pour m'aérer le nombril, pisque  c'était la mode ...
Bon, ça te va  comme  retour? des pétales de roses,  j'en ai pas ...j'ai  des épluchures d'oignons, ça  fera l'affaire, j'en joncherais le sol, que tu fouleras d'un pied
délicat et menu ( si, si, t'a des petits pîeds !!), rejetant en arrière  d'un geste de la tête ta longue  chevelure, blanchie sous le harnais, et disant" me voici..."


T'a toujours fait dans la simplicité -














 



JEFF 11/08/2010 09:17



Ah te voilà vieux schnock !!... Ben t'en as mis du temps. Ta grotte était si éloignée que ça !?!


Y en avait marre de cliquer tous les matins sur un blog désespérement muet.


Tu comptes pas te rebarrer de sitôt non !?



ginie 11/08/2010 09:01



Bon le revoilà !! c'est y que j'voulais être sûre qui soit bien là avant de rameuter les foules. Jean et zouzounette c'est fait y sont venus tous seuls comme des grands éh éh. Y faut
que je m'atèle ( hum j'suis pas sûre de l'ortho !! désolée pipa!!) à dire la bonne nouvelle aux autres !! Bon faut d'abord que j'astique la maison de M. Le curé si on m'avait dit qu'un jour
j'serai la bonne du curé j'aurai pas cru annie cordy eheh !! énormes bisous mon pipa contente de te revoir parmi nous..................flap flap flap