Chroniques préhistoriques - 8 - le bac

Publié le par Fab le lyonnais

 

En ces temps reculés de la préhistoire, la vie était rude.


     Le lendemain matin, l’enfant guide ses amis vers le fleuve, et Bic grimpé en haut d’une butte, mesure les difficultés qui les attendent. 

     D’aussi loin qu’il peut en juger, le fleuve au plus étroit de son lit mesure encore au moins quarante pas de large ; et il doit être très profond comme en témoigne le bleu sombre de l’eau.

     Par chance les rives sont bordées d’arbres dont certains sont en partie immergés, sans doute du fait de la récente fonte des neiges.

 

     Arrivés près de la rive, Bic s’assure de la solidité des lianes qu’il arrache de quelques arbres et il les lie bout à bout jusqu’à ce que la longueur soit supérieure à la largeur du fleuve. Il en attache une extrémité à un arbre à hauteur de ses yeux.

     En ces temps reculés, la nature était rude et il n’a aucune peine à récupérer près du fleuve un tronc qui soit capable de supporter son poids et qu’il déplace près du bord.

     Il avait souvent observé que les anatotitans (canards géants) utilisaient leurs pattes arrière pour se diriger dans l’eau en tout sens, même à contre courant. Il taille donc l’écorce épaisse d’un arbre mort la forme de deux grandes pattes palmées qu’il fixe à ses poignets pour ne pas les perdre.

 

     Il confie son couteau à l’enfant ; Il lui demande de pousser avec biscotte le tronc d’arbre dès qu’il sera allongé dessus après avoir attaché l’autre extrémité de la liane à sa taille.

 

     Sitôt dit, sitôt fait. Le tronc part à vive allure vers le sud ouest dans le sens du courant. Bic tient fermement dans chaque main une des pattes de canard improvisées. Il redresse la course du tronc d’arbre en synchronisant ses mouvements et parvient enfin à se stabiliser et à remonter le courant.

 

     Il accoste sur l’autre rive épuisé, mais ravi d’avoir réussi. Il n’était qu’à quelques pas d’un arbre directement en face de l’endroit où l’attendent confiants l’enfant et le chien. L’assemblage des lianes a résisté ; il attache la corde ôtée de sa taille à l’arbre de sorte qu’elle soit bien tendue.

 

     Il confectionne avec des branchages une sorte de nacelle, suffisamment grande pour les contenir tous les trois et pour qu’elle ne s’enfonce pas sous leur poids, il la fixe sur deux grosses branches placées en parallèle. Avec deux lianes qu’il entrecroise en diagonales en les jetant par dessus la corde tendue, il positionne l’embarcation de manière à ce qu’elle soit stable. Il la pousse alors dans le fleuve. Elle tient bon sans chavirer et il peut se rendre sur la rive opposée sans grandes difficultés en s’aidant des palmes pour avancer.

 

     L’enfant se jette dans ses bras. - J’ai eu peur pour toi, dit-il. Mais tu es aussi fort que mon père ! En prononçant ce mot son sourire s’efface, une larme coule le long de sa joue. Mais le sourire revient bien vite éclairer son visage car Bic sait trouver les mots qui réconfortent.

     -Tu es un petit garçon très courageux et je suis sur qu’avec Biscotte tu aurais trouvé le moyen de m’aider à ton tour si j’avais été en difficultés. Nous formons une bonne équipe et je serai fier de Toi quand tu retrouveras tes parents. Allez ! A bord moussaillon !

 

     Ils s’installent dans la nacelle ; le chien sans aucune crainte se couche au fond et le petit garçon assis à ses cotés rit de bon cœur, car c’est pour lui comme un jeu. Bic fait glisser l’embarcation en sens inverse ; la traversée se passe sans encombre.

 

     Quand tout le monde est descendu, il range la nacelle bien à l’abri dans un fourré.

- Je dois penser à mon retour ! Se dit-il.

 

La petite équipe part joyeusement en suivant le cours du fleuve.

 

Bic venait de découvrir la pagaie, et de construire le premier bac à traille.

 

Exemple : le bac à traille à Vernaison

     Au passage le plus adapté, un câble appelé traille était tendu en travers du fleuve, maintenu à une bonne hauteur au dessus de l'eau par des pylônes en bois, établis sur chaque rive, appelés cabres. Le bateau servant à la traversée était lui-même relié par un autre câble appelé traillon ainsi qu’à un système de poulie pouvant se déplacer sur la traille.
    
Ce bateau à fond plat autorisait le transport des piétons, des cavaliers et même, à partir d'une certaine époque, des véhicules à roues

 

Etonnant non !!!

Une petite palme pour l'homme, un grand pas pour l'humanité.

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zouzounette40 26/11/2009 21:18


quelle belle aventure....!!! et quel invention !!!...c'est vrai qu'à l'époque il fallait bien se débrouiller....


ginie 26/11/2009 20:38


Dis donc pipa ton bic y serait pas doper par hasard !! c'est vrai quoi il a une idée par minute et bientôt il va pouvoir inventer la façon de se sortir de mon B...... informatique !! eh oui la
pie elle est hors circuit pas la peine de m'envoyer des mails ça fonctionne plus. Si bic il a une idée avant que M. PIE s'en occupe je suis preneuse hihi.........Bon je file sur l'article du
dessus..............flap flap flap


Frambel 24/11/2009 08:46


Bonjour: Plus je lis cette histoire, plus elle me plaît;
Que de sentiments de noblesse,de courage et de tendresse:
J'aime beaucoup:
Je te souhaite une bonne journée, fab, et merci de nous faire partager ces grands et beaux moments d'une préhistoire remaniée à ta façon :