chroniques préhistoriques - 11 - le poulain

Publié le par Fab le lyonnais

 

Les mammouths autrefois, n’en avaient rien à faire d’écraser les prix

Félix Benoît – la plaisante sagesse lyonnaise

 

 

En ces temps reculés de la préhistoire, la vie était rude.

 

     Bic part en sens inverse jusqu’à la nacelle qui lui permet de traverser le fleuve. En cette fin du mois de février, le ciel est clair. Il fait encore froid, mais l’absence de vent rend la température agréable. Il remarque au sol des traces qu’il connaît bien. Elles lui rappellent qu’il doit ramener à son camp le témoignage de sa bravoure. Il ne vient pas à son esprit qu’il lui suffirait d’apporter la preuve de ses récents exploits pour que cela lui permette de se  faire reconnaître des siens, comme un brave.

 

     Biscotte, attentif et étonné observe le curieux manège de son maître. Celui-ci colle son oreille à terre ou bien, il triture des excréments avec un bâton pour évaluer le temps écoulé depuis qu’ils ont été déposés. Bic a pris pour habitude de parler au chien, lequel, même s’il ne le comprend pas, l’écoute avec attention.

 

     - J’ignore quand je toucherai au but ; si tout se passe bien j’espère bientôt rejoindre ma tribu. Alors tu pourras rester avec moi ou repartir ; ce sera comme il te plaira. Mais je serais heureux si tu restes.

 

     Le chien aboie joyeusement comme s’il comprend et approuve.

 

     C’est alors qu’ils entendent un long hennissement. Bic fait un signe au chien pour qu’il ne fasse pas de bruit. Il écarte les longues et épaisses fougères en bordure de la futaie ; émerveillé, il voit les chevaux. Ils sont là tout près. Ils sont aussi nombreux que les doigts de deux fois ses deux mains. A cette époque, sans que l’on en connaisse la raison, l’homme ne chasse pas les chevaux. Il ne les considère ni comme de la nourriture, ni comme des prédateurs. Le cheval de son côté, n’attaque pas l’homme et l’un et l’autre coexistent dans une certaine indifférence.

 

     Bic se sent attiré par cet animal qu’il trouve puissant sans être lourd, qui sait se déplacer avec rapidité et souplesse et qui a fière allure. Il caresse le rêve de s’en faire un allié. Il s’est bien lié d’amitié avec Biscotte alors pourquoi pas avec un cheval, se dit-il ; seulement voilà ! Comment créer le contact ?

      Pendant que l’esprit de notre ami bat la campagne, un jeune poulain, un peu en retrait de la harde, marche accidentellement sur une longue couleuvre qui se redresse en sifflant bruyamment. Le poulain effrayé part au galop sans regarder où il va. Il entre de plein fouet dans une haie d’aubépines tellement épaisse que sa tête reste coincée sans parvenir à se dégager. Une jument et un grand cheval noir arrivent près de lui et ne savent comment l’en dépêtrer. Ils piaffent de colère et d’énervement.

 

     Bic s’approche de la haie, du côté opposé où se trouvent les chevaux. Tout en parlant calmement, il caresse le museau du poulain qui cesse de s’agiter mais reste apeuré. Le cheval et la jument se rapprochent des flancs du poulain qui sentant la présence de ses parents s’arrête de trembler.

 

     Bic avec l’aide de son couteau taille les branchages épineux pour dégager l’encolure de l’animal sans le blesser et celui-ci parvient enfin à sortir sa tête du buisson. Il se retourne tout étourdi vers la jument sa mère qui le prend tout de suite en charge pour le reconduire vers ses congénères. Le cheval noir s’attarde un moment à regarder l’homme qui le fixe dans les yeux en souriant, puis il se dresse sur ses pattes arrière en hennissant avant de rejoindre la harde.

 A suivre…

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zouzounette40 12/12/2009 10:04


comme quoi l'homme a besoin de l'animal et l'animal de l'homme....


cheyenne 03/12/2009 18:51


ha la la, c'est l'homme parfait que  tu  nous  décris là ... trop^)  beau  pour être vrai !  quoi que .... ça  a 
bien  du  se passer un peu  comme ça  dans  le temps , va  savoir ... -

Je venais   me désintox  chez toi car  je sors  du  forum de mon club moto sur lequel  j'ai  refait  le( trop)plein de  blagounettes motardes -
 tiens, bien fait pour toi, je  t'en mets une ...
 Alors, heureux ?




ysengrin45 03/12/2009 17:27


Une belle rencontre,  où l'homme aide l'animal. On sent la promesse de futurs échanges. Amitiés, fab.


zouzounette40 03/12/2009 12:34





bonjour Fab.....ah quelle merveille ton bouquin.....je me refuse de le dévorer....d'un coup....je préfère le savourer.....un bain de jouvance....qui va m'obliger à me replonger dans les
fables de La Fontaine...avec grand plaisir......je vais lire et relire .....merci encore ...je reviendrai lire ..c'est l'heure de manger....et cet aprem balade ....prendre le
large.............avec mon carnet de notes...envie d'écrire aussi en ce moment....manque juste l'inspiration ...que je vais trouver au bord de l'eau....bisous Fab !!



Frambel 03/12/2009 09:27


Bonjour Fab:
Je suis revenue lire , eh oui, quand y'en a "poulain" y'en à pour l'autre: ( rire )
Bises et bonne journée à toi :