Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 17:52

 

Bien le bonjour chenuses Colombes et canants Gones

 

En hommage à notre ami Ysengrin qui nous a quitté pour rejoindre son étoile.

 Je mets ci-dessous, un extrait de l’histoire que j’avais fait sur blog orange et qui mettait en scène tous mes amis de l’époque où le délire était quotidien.

 

Salut Jean-Luc ! Salut l’artiste

 

Dimanche 01 juin 2008 21h10

- Les picaresques aventures de Panthère Pane - acte 2 - Pensées et fariboles

Pierry-Wendy fit l'inventaire de ses valoches, ou plutôt devrais-je dire de ses malles, car une minette, ça ne gicle pas sans un minimum de biscuits.

Elle avait emmené une douzaine de tenues d'été, godasses assorties, quelques pulls pour les nuits fraîches, deux robes de soirées pour les réceptions du Capitaine, ses fanfreluches habituelles, coordonnés de chez "Dessous Chics", ses trousses de manucure, de maquillage, de coiffure avec peignes, brosses, barrettes, bigoudis et sèche cheveux à turbo réacteur... Bref, un inventaire à la Prévert !

 

L'interphone sonna :

- Qui est ce ?

- C'est nous !

- Ok montez !

Je sais pas ce que vous en pensez, (et si vous pensez pas c'est à cause de votre encéphalo plat,) mais l'intensité dramatique de ce premier dialogue, fait penser à Shinning de Stephen King.

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Elle déverrouilla les six verrous, ôta la chaîne de sécurité et débrancha l'alarme automatique pour ouvrir la lourde, quand on toqua à la porte-fenêtre.

Elle sursauta, se détroncha et areluqua ses deux portes flingues sur le balcon qui quémandaient qu'on leur délourde.

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- Non mais ça va pas ! J'ai failli choper le cactus du vieux carde ! C'est quoi ce binz ?

- Faites esquecuse Poulette ! Mais nous sommes chevaliers du Jedi avec un standing à tenir et si qu’ont avait grimpé les escadrins comme deux blaireaux c’eût fait tache.

- Avec nos sabres laser à propulsion intégrée, plus rapides que Spiderman, nous v'là d'attaque pour te protéger !

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John Ysengrin et Michael Algédi avaient été recrutés par la Gisquette une semaine plus tôt sur recommandations de Crocodile Jeff, une pointure dans le domaine de la sécurité.

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Il faut dire que les deux zigottos avaient un palmarès édifiant.

Dans le côté obscur de la planète, ils étaient parvenus à vaincre la Morosité, malgré l'armée de pisses vinaigre qui l'entretenaient.

La première moitié fut vaincue (ce qui fait quarante fesses) par de formidables éclats de rire et l'autre moitié s'autodétruisit dans l'incapacité de résoudre l'énigme "pourquoi la vache qui rit rit-elle?"

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Prête à calter, Pierry-Wendy allait fermer les volets roulants électriques quand on toqua à nouveau à la vitre de la porte fenêtre du balcon.

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- Dire que j'ai douillé une brique pour faire installer une lourde blindée, et ça rallège par les fenêtres ! Renaudât Pierry.

- C'est plus un appart', c'est un aéroport !

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Alors se pointa dans le salon Cat Panthère Pane.

Elle était loquée d'une combinaison noire intégrale en schinchmick mercerisée qui la moulait comme un gant, que j'aurais bien aimé être à la place du gant.

Le schinchmick j'esplicationne, c'est du vinyle polysaturé (pour laisser la peau respirer) à effet retard ignifugé (à l'épreuve des balles et des lance-flammes) et avec un mélange de polymère glandulé (pour maintenir la température du corps à 37.2°).

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Elle avait un bonnet assorti à oreilles de chat, mais pas de Mickey parce que sinon pour se faire foutre de sa fiole s'eut été recta, et une paire de lunettes de moto pour pas prendre une poussière dans les calôts et se viander en plein vol dans un poteau.

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     - Je suppose, jabilla Pierry-Wendy, que maintenant on se prend par la paluche et on s'envoie en l'air !

 

!!!Comment ça, je dérape et ça devient cochon !!! Ah oui, faites excuse, j’ai fait gourance, j'ai juste fait une petite faute de frappe, je voulais écrire on s'envole en l'air.

Bande de malotrus, vous voyez le mâle partout !!!

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Mais Cat panthère jacta ...

Par Fab le lyonnais - Communauté : les anciens "d'orange"
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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 20:13

La bonne humeur est aussi contagieuse que la rougeole ! 

Baden Powels

 

Le poète et l’arlequin – bambane - 4

    

     Requinqués, nous nous pointons place Bellevue, petite esplanade qui offre une vue panoramique de l’est Lyonnais et du parc de la Tête d’or dont on aperçoit, dépassant des arbres le magnifique portail de l’entrée principale ; c’est à cet endroit, qu’une plaisante perspective digne de l’esprit yonnais donne au lac la forme d’un cœur.

 

    chanteuse  Je ne poursuis pas par le circuit classique car je tourne rue des Grognards, pour conduire Jean à la petite place Colbert où avec Pipa et Miman, mon frère et mes sœurs, j’allais  petiot au bal du 14 juillet. Pipa choisissait ce bal à cause que vers les minuits, la tradition était de savourer sur les tréteaux et bancs de bois installés pour l’occase, un succulent pot au feu. C’était la grande époque des bals musettes.  Ah oui ! Ce n’était pas le disco et la sono avec des gens de tous les sexes qui gesticulent comme s’ils étaient dans un tonneau pour y fouler le vin. disque d or du bal populaireOn pouvait y voir évoluer des couples faisant du frotti frotta au son de l’accordéon, avec la voix rauque de la minette mâchurée comme une poutrône, habillée en juste-au-corps et collant léopard et qui goualait les succès de l’André Verchuren,  Marcel Azzola, Maurice Larcange ou Yvette Horner.       

    

     Sur cette place, nous areluquons en enfilade le centre ville, avec le Crayon de la Part-Dieu et la nouvelle tour Oxygène. Puis nous nous dirigeons vers le numéro 9 de la place Colbert, pour visiter une des traboules les plus réputées, « la Cour des Voraces » avec son escalier monumental qui desservait les ateliers des canuts.

    croixrousse pentes39 Les Voraces étaient un cuchon de bons gones, environ trois cent qui en 1848, s’étaient « révoltés » pacifiquement contre un édit qui avait ramené le pôt de vin de 1,04l à 46 cl. Du 24 février au 18 mars 1948, ils ont occupé, l’Hôtel de ville, la Préfecture et la caserne Saint-Laurent qu’ils restituèrent et tout ça, sans effusion de sang. C’était juste manière de montrer que les Yonnais, y aiment pas qu’on touche à leur lichaison. En fait cette révolution n’a fait que deux victimes, deux soiffards qui avaient tiré des coups de fusils contre la caserne du fort après avoir vidé quelques pôts et qui ont déclenché la riposte des militaires lesquels s’étaient crus attaqués et avaient ripostés. Comme quoi, être buvanvin, c’est parfois néfaste pour la santé.

 

     Je nous conduis vers la montée de la Grande Côte qui relie la place de la Croix Rousse à la place des Terreaux. Cette rue était la plus fréquentée du quartier; c’était le passage des « manifestations » de canuts, avant qu’elle connaisse ses lettres de noblesse grâce à la Mère Cotivet dont les sketches ont été diffusés de 1927 au 17 décembre 1971 sur Radio Lyon. Elie Périgot-Fouquier était son interprète ; il fera d’elle une concierge truculente qui pastiche à la fois les mœurs et les pratiques des politiques et elle deviendra aussi populaire et incontournable que Guignol dans l’imagerie lyonnaise.

CottivetElle commençait toujours son persiflage par la phrase « En descendant montez donc, vous verrez le p’tit comme il est grand ». Elle habitait au 99 « cent moins n’un », c'est-à-dire tout en bas de la Montée et au dernier étage de l’immeuble. D’où l’origine de son patrigot car bien sûr les autres catolles qui venaient lui rendre visite descendait la Montée et montaient les escayers.

     Quand j’étais minot, Tante Paulette, la sœur de Pipa a vécu quelques mois au cent moins n’un et moi, quand je grimpais les escayers, j’écarquillais mes quinquets à la recherche de la bignole célèbre et ce n’est qu’adolescent que j’ai compris que c’était un personnage imaginaire. N’empêche, je suis toujours fier d’avoir foulé les marches de celle que j’aimais entendre jabiller dans cette langue de par chez nous que je m’efforce de faire vivre.

 

     Nous descendons la montée jusqu’en rue des Tables Claudiennes  et tournons à main droite rejoindre l’Amphithéâtre des Trois Gaules, que nous découvrons d’en haut. C’est ici que furent exécutés au solstice de l’été de l’an 177 les martyrs : Sanctus, Maturus, Attale et Blandine. Cette dernière était restée vivante malgré ses supplices et a même été ignorée des fauves. Elle fut alors enfermée dans un filet et massacrée par un taureau furieux.amphitroisgaule

     La légende dit que c’est à cause de cette martyr que la corrida fut créée. Car elle est en partie issue d’un mélange du culte de Mithra très répandu en Gaule et qui comportait le sacrifice du taureau et du christianisme moyenâgeux qui entendait offrir sa revanche à la sainte.

     Le poteau que l’on observe dans l’amphithéâtre est par contre de construction moderne ; il a été érigé en mémoire des martyrs chrétiens.

 

     Nous velà rendus en place des Terreaux face à l’Hôtel de ville avec à main droite le Musée des Beaux Arts. Au centre à gauche de la place, la fontaine Bartholdi montre sa splendeur. Elle a une particularité connue d’un cuchon de bons gones, dont je suis bien sûr le rapporteur...

 

     A suivre…

 

Dites donc mes belins belines vous y trouvez pas qu’il y a de quoi oublier ses embièrnes et de s’émerveiller devant les choses de dire, de faire et de voir de l’histoire passée et présente de Lugdunum !

 

Par Fab le lyonnais - Communauté : les anciens "d'orange"
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Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 13:13

Je travaille à être heureux : c’est le plus beau des métiers.

Roland de Lassus

 

Un grand-père gâté mais pas gâteux, plutôt gâteau

    

     Bien le bonjour chenuses Colombes et canants Gones,

 

     Ben oui, c’était ma fête et mon anniversaire cette semaine. Alors si je vous ai un peu lâcher, c’est que j’ai vu mes filles et mes petiots du lundi au jeudi, même que j’ai eu droit à plein de bisous et de chansons. Et hier au final, c’était au tour de mon voisin, qui est surtout et avant tout mon frangin, de venir partager avec ma belle-sœur de savoureuses lichaisons et chiquaisons comme il se doit. Soyez pas jalminces vous savez bien que je vous aime et que je pense bien à vous, mais vous y savez, c’est bien des embièrnes que de parvenir à offrir à chacun la place qu’il mérite.

 

     Tout d’abord je tiens à péter la miaille à toutes les canantes fenottes et tous les canants gones qui ne m’ont pas oublié que ce soit sur le blog ou par le truchement (j’aime bien ce mot) de mails plus perso. Quand j’ai lu vos messages, j’en ai été aussi émotionné que quand j’ai savouré en claquant de la menteuse, le gratin d’andouillettes aux poireaux de chez Georges, le gargotier d’un des meilleurs bouchons Yonnais.

 

     Vous savez aussi que je n’sais pas dire merci sans en faire des tonnes et je ne vais pas changer à mon âge…

     Qui a dit « grand âge » en rifougnant ??? Faudrait voir à respecter mes cheveux poivre et sel (plus sel que poivre …, d’accord …, mais bon !).

 pluto

Mais lisez Pluto ce qui suit : c’est un petit récapitulatif de mes nombreuses activités :

    

anniv1 Tout d’abord, je n’hésite pas à méditer sur l’organisation de mes journées avec une pensée émue pour ceux qui mouillent la chemise au turbin, qui sont coincés dans les embouteillages ou qui supportent un patron dont le quotient intellectuel est inversement proportionnel à son grade.

 

     Ensuite bien sûr, faut bien que je passe par la case « préparation » du souper et comme je suis un bon zigue, je vais te dire que la bonne chiquaison, ça repose sur l’envie de faire plaisir à ses invités comme à soi-même. anniv2

     J’ai fait un filet mignon à la sauce moutarde qui flirtait agréablement avec un « Château de Chausse 2006 ; Côtes de Provence ».  

     D’abord tu fais suer les échalotes dans une poêle, sans les faire roussir. Tu fais dorer ton filet mignon, 500/600g, coupé en trois dans ta cocotte avec un mélange beurre et huile (surtout pas de sel). Tu prépares une sauce avec 4 cuillères à soupe de moutarde, idem de crème semi épaisse, un bon verre à eau de bouillon de bœuf frémissant, tu rajoutes les échalotes, tu touilles bien et tu verses sur les filets qui doivent être immergés au deux tiers. Tu fais cuire à feu moyen en retournant de temps en temps une vingtaine de broquilles (20mn pour les ceusses anniv3qu’on pas l’habitude de la langue verte). T’éteins tout, tu laisses en couvrant la cocotte et dix broquilles avant de servir à tes deux invités, tu rallumes.

Le filet mignon est très légèrement rosé et tendre comme du beurre.

     En apéro, avec la boutanche de champ pour trois, quelques grattons et toasts au guacamole de sardines sont généralement bien appréciés.anniv4

 

    

    Vous z’avez pas oublié, mes potos, que je consacre aussi du temps à l’écriture de mon bouquin, car quelques artoupans me secouent les puces pour que je ne le finisse pas pour mon centenaire. Au fur et à mesure, je relis un peu mes notes pour ne pas perdre le fil. C’est qu’il y a du populo dans l’histoire et ça se bouscule au portillon. Faut canaliser…

 anniv5

     

    

 

 De temps en temps, je relis aussi quelques contes enfantins car je suis avant tout un père et grand père attentionné, un peu facétieux et conteur .

 

anniv7

  

Y faut dire qu'avec mes petiots je partage « surtout » leur loisirs.

J'aime bien bambaner avec eux dans les parcs de loisirs ou animaliers.

  

 

  

                                 

  

  

Mais je n'hésite pas à donner la main pour l’alimentation du petit dernier.  

 anniv6   

       La morale de cette historiette c’est que si le monde, il n’était pas aussi foutraque, la retraite à soixante balais, c’est tout de même le panard quand on peut profiter de ses petits enfants et de ses amis sans l’aide d’un déambulateur.

 

      Je tape la bise à toutes les chenuses colombes, ce qui me permet ainsi de savourer les effluves de leurs parfums délicats et je file une grande tape sur les épaules de mes copains et leur en serre cinq.

 

     Ménagez vous et tenez tati jusqu’à la revoyure…

 

Par Fab le lyonnais - Communauté : les anciens "d'orange"
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 18:06

"Grand Gognand tu risques mieux de trouver le primat des gones (l'évêque de Lyon) à Saint Jean, qu'une vierge à la vogue de Perrache"

La plaisante sagesse lyonnaise

 

    

     Nous lentibardanons en suivant le quai Saint Vincent en direction de Vaise.

  Homme de la roche-copie-1     A la hauteur de la passerelle de l’homme de la roche (en travaux), je prête mes jumelles à Jean (pas les deux petites filles, bande d’arsouilles…, le truc binoculaire qui permet de voir le loin de près, et réciproquement) car je n’suis pas parti sans biscuits afin qu’il observasse sur le quai en face, la statue de Jean Kleberger financier et marchand allemand surnommé « le bon Allemand » pour avoir ouvert la souscription en 1531 de l’aide aux enfants malheureux. Parmi les légendes qui courent sur le mystère de l’existence de Kleberger on cite le fait qu’une arche de pierre restait suspendue au dessus de la Saône et qu’il a financé sa destruction pour faciliter le trafic fluvial. Une anecdote de la plaisante sagesse lyonnaise dit que lorsqu’un débiteur ne veut pas payer son créancier il lui propose : « va te faire payer à l’homme de la roche », allusion à la bourse en pierre qu'ilporte à la main droite.

 

     On passe devant « les Subsistances Militaires», groupe de bâtiments crées par Napoléon Pommier et qui constituaient outre le grenier à blé de Lyon (pour les périodes de disette), une réserve alimentaire et de fournitures pour les forts implantés dans la périphérie. C’est depuis 2007 le siège de l’Ecole Nationale des Beaux Arts.

 

ecoleveto Arrivés à la hauteur du pont de Serin, je lui montre sur le quai Chauveau d’en face l’ancienne Ecole Vétérinaire devenue Conservatoire National Supérieur Danse et Musique (contrairement à l’usage, il n’y a pas de ‘’de’’ devant les deux mots danse et musique. C’est tout le paradoxe des gones que de ne pas faire comme il est coutume de faire).

 

      Nous grimpons vers la Croix Rousse, route en colimaçon et escayers comme de bien s’accorde, et nous passons devant le Fort St Jean, premier bastion construit sous Anchois Pommier pour protéger la ville de Lyon des invasions venant du nord et qui est maintenant l’école des fonctionnaires contrôleurs du Trésor. Arrivé au début du Boulevard de la Croix Rousse, nous passons devant la maison Gillet le grand patron des usines de teinturerie, et qui fut le fournisseur exclusif des ateliers de soieries et des canuts.

     C’est le jour du marché et notamment du marché forain ou marché « aux pattes » ousseque minot, les jeudis et dimanches matins, je me faisais mon argent de poche en aidant un vendeur de tissus, de dessus de lits et de voilages. A cette époque, il y avait des « crieurs » qui mettaient l’ambiance en interpellant les chalands ; maintenant c’est hélas interdit. Sur le trottoir en face nous passons devant l’IUFM que dans les autrefois nous appelions l’Ecole Normale, mêmement que c’est là ousseque ma frangine a appris le métier d’institutrice.

 

     Nous traçons le long du ruban en virant sur la gauche, rue d’Isly, puis de nouveau à gauche rue Jacquard, notre inventeur du ‘’Bistanclaque pan !’’ Que c’est comme ça que nous z’autres on appelle le ‘‘métier à tisser’’, et finablement nous  virons à droite pour remonter la rue Denfert-Rochereau. Nous velà rendus avec nos grollons sur la petite place que fait angle avec le boulevard des Canuts et c’est avec étonnement que l’ami Jean découvre mur,des,canutsen se retournant, le mur peint en trompe l’œil de 1200 m², un des plus grands d’Europe et qui témoigne de la vie du quartier des pentes et du plateau, car si le canut n’existe plus, la Soie reste toujours présente par chez nous, et comme il se doit, sur la colline qui travaille. Toi qui n’es pas de Lyon où si te n’as jamais ramené ta carcasse dans le coinstot, prends le temps de passer rue d’Ivry et de visiter la maison des canuts, ça vaut son pesant de grattons.

 

     Nous crapahutons vers le boulevard de la Croix-Rousse en empruntant celui des canuts et c’est vers les treize plombes bien tassées qu’on rallège sur le plateau à la limite du boulevard de la Croix-Rousse au « gros cailloux ». lyon-croix rousse le gros caillou ER 135 aCe rocher qui date de la période glaciaire a été déterré en 1892 lors du percement de « la ficelle », premier funiculaire créé de par le monde. Il paraîtrait qu’il symbolise le cœur d’un huissier qu’a fichu à la rue de pauvres canuts sans pécuniaux que ne pouvaient plus payer le loyer de leur regrettier ; d’autres disent qu’il provient des carrières des Dombes à cause que les premières maisons sont construites en pierres des Dombes. Pour moi il représente le caillou du mythe de Sisyphe, le mami condamné par Zeus à pousser un rocher lequel arrivé en haut de la colline débaroulait en bas. Mais Sisyphe, c’était pas un cogne-mou et pendant que les dieux s’étaient détournés vers Troie et qu’ils s’occupaient à plein temps des sicottis de l’Achille, de la Belle Hélène, d’Ulysse et de la bande d’énergumènes dont Homère a raconté l’histoire dans son bouquin « Liliane est au lycée », Sisyphe a profité de l’inattention des dieux pour enterrer son rocher et se barrer en douce avec une fenotte sans laisser d’adresse. Mêmement qu’il a inauguré les premières traboules pour qu’on le suive pas à la trace.

 

     Ce n’est pas tout ça, mais nous claquons de la menteuse et l’estogome nous rappelle bruyamment qu’il se fait faim. Nous nous installons au café du Gros caillou, et sous la véranda, nous nous enquillons de par le corgnolon un pavé de bœuf au romarin qui glisse sereinement le long du gigier avec un pôt de côtes.

 

A suivre …

 

Par Fab le lyonnais - Communauté : les anciens "d'orange"
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Samedi 4 septembre 2010 6 04 /09 /Sep /2010 13:45

Aucun moment n'est le bon, sauf pour les choses agréables

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Woody Allen

 

 Le poète et l’arlequin – Bambane de Fourvière au mur des célébrités

 

     Le lendemain matin, sur le coup des huit plombes du mat’ on tire notre bidoche des plumes car le monde appartient à ceux qui se dépieutent au cul du chat. J’aime bien cette expression qui traduite en vieux français signifie : « dès potron-minet » c'est-à-dire à la pointe du jour. Lorsque nos anciens se levaient tôt dans les campagnes, ils apercevaient l’écureuil surnommé le jacquet qui s’affairait tôt  levant son popotin, c'est-à-dire son postérieur qu’on appelait le potron. On disait alors : « dès potron-jacquet ». Et puis l’urbanisation se développa ; il y avait de moins en moins d’écureuils et celui-ci fut remplacé par le chat, c'est-à-dire le minet et c’est pourquoi à l’aube du XXème siècle, l’expression devint : « dès potron-minet ».

 

    Jean prend son petit déj’, sucré ; il prépare son cuchon de tartines beurrées et confiturées qu’il se fait glisser dans le corgnolon avec un grand bol de café noir allongé d’un nuage de lait.  En ce qui me concerne, soucieux de ma ligne, j’opte pour du salé et je préfère m’enquiller une tranche de jambon, deux œufs frits, un saint Marcellin avec une tranche de pain complet (pour les fibres), et je m’humecte le cornet avec un gorgeon de Macon blanc.

 

     Nous vela fin prêt pour une longue bambane, le ciel est nuageux mais non menaçant, il fait doux avec une légère brise, un temps idéal pour ne pas mouiller de trop la liquette. Je nous dépose à Fourvière. 

     Nous commençons comme il se doit par la visite de la Basilique avec tout d’abord la crypte en sous sol dédiée à Saint Joseph et qui comprend quelques recueilloirs représentatifs de madones célébrées dans différents pays : la vierge de Fatima (Portugal), la vierge noire de Czestochowa de Voïvodie en Pologne, la vierge de Vailankanni Tamoule de l’Inde, une vierge de Hongrie… et aussi l’immense mosaïque commandée par l’association des pèlerins et qui retrace le chemin de Compostelle avec la liaison entre les basiliques de Lyon, du Puy, et de St Jacques.  Nous montons ensuite à l’intérieur du chœur très lumineux avec ses vitraux, ses nombreux tableaux  et ses colonnades qui ne laissent pas insensibles les visiteurs, croyants ou profanes.

     Nous nous rendons ensuite vers le terre plein et sa vue panoramique qui permet l’observation depuis le nord-est à Caluire jusqu’au sud-est à Feyzin avec la vue de tout Lyon, des quais de Saône à Villeurbanne, puis au loin jusqu’à la centrale du Bugey avec ses trois immenses cheminées ; et on peut même apercevoir les Alpes et le Mont-Blanc.

 fourviere1

     Il s’agit maintenant de commencer la bambane alors nous passons devant la Tour métallique, structure de près de 86m de haut, copie du troisième étage de la Tour Eiffel. Elle a été construite de 1892 à 1894 pour ériger sur la colline de Fourvière un monument républicain qui soit en opposition avec la Basilique, (ce qui démontre une fois de plus que lorsqu’il s’agit de péter plus haut que son cul, la démesure sera toujours le propre de l’humain). En 1914 pour l’exposition universelle de Lyon, elle possédait un restaurant et un ascenseur hydraulique qui pouvait conduire 22 personnes à l’observatoire placé à son sommet. Depuis le 1er novembre c’est une antenne relais de la R.T.F.(notre téloche actuelle) et elle supporte un émetteur non accessible au public.

 

     Nous nous enquillons alors dans la descente de la Montée (tout en escayers) des Carmes Déchaussés, moines contemplatifs et apostoliques qui suivaient les préceptes des carmélites et marchaient pieds nus. Leur couvent tout proche est maintenant le siège des archives départementales. Nous arrivons à Saint-Paul, avec à notre gauche la gare et à droite, à la hauteur de l’hôtel particulier qui abrita la nuit de noces du bon roi Henri IV, le début de la rue Juiverie où le chevalier Bayard s’entraînait aux tournois et qui comporte trente six blasons des échevins de Lyon, et la boutique de l’horloger de Saint Paul rendu célèbre par le film de Bertrand Tavernier et l’interprétation de Philippe Noiret.  

 

     Nous tournons à gauche devant l’esplanade de la gare, passons devant l’église Saint Paul construite vers 549 par l’évêque de Lyon Saint Sacerdos et qui est fermée. Dommage ! J’aurais pu montrer à Jean la collection de ciboires, les médaillons elliptiques des anges musiciens et à l’intérieur, du fait des diverses restaurations, un mélange architectural de roman byzantin de gothique rayonnant et de gothique flamboyant. Gerson IMG 0810

 

    

       En face de l’église, dans une voute du mur de soutènement de la rue Saint-Paul la statue de Gerson, théologien mystique, est représentée avec un enfant car, grand chancelier de l’université de Paris, il se retourna contre Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, son protecteur, qu’il tenait pour responsable de l’assassinat du duc d’Orléans et après deux ans d’exil il revint en France où il termina sa vie en se consacrant à l’éducation des enfants pauvres.

 

 

   murdeslyonnais  Nous traversons la Saône à la passerelle Saint Vincent qui nous permet d’accéder au mur des célébrités où, sur les 800m² des trois faces de l’immeuble 31 personnages sont représentés de l’empereur Claude à Bernard Pivot en passant par St Exupéry,  Jacquard, Ampère, Juliette Récamier, Louise Labé, Bocuse et Frédéric Dard, Edouard Herriot, l’abbé Pierre, … C’est un des nombreux et premiers murs peint et l’incontournable passage des touristes venant visiter Lyon. Mêmement que des sampilles de lyonnais y ne sont jamais venus l’admirer.

     Nous décanillons le long du quai Saint Vincent en direction de Vaise. La visite continue.

 

A suivre… 

 

Par Fab le lyonnais - Communauté : les anciens "d'orange"
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